Le truc, c'est qu'être réfugié n'arrive pas seul.
C'est plutôt,
Réfugié et déraciné.
Réfugié et défiguré.
Réfugié et veuf(ve).
Réfugié et orphelin(e).
Réfugié et déscolarisé.
Réfugié et sans amis.
Réfugié et affamé.
Réfugié et fatigué.
Mais quand même réfugié et survivant.
Sûrement un peu de tout ceci à la fois.
Mais sur les nouveaux papiers que tu reçois tout ça n'est pas marqué.
C'est marqué "Réfugié". Et bang.
Et sur ton passeport, non je me goure, t'as pas de passeport.
T'as un titre de voyage sur lequel il est marqué que tu peux aller partout sauf dans ton pays d'origine.
Ha-ha-ha. Comme si tu ne le savais pas.
C'est comme si tu devais aimer tout le monde sauf l'amour de ta vie.
Comme si tu pouvais.
En voyage scolaire tes amis comparent leurs passeports et toi t'as un titre de voyage.
Mais tu t'en fiches car t'es en paix.
Et tu n'entends plus les bruits de la guerre.
Quel est le statut pour les sans espoirs?
Ceux à qui personne n'a jamais dit au revoir?
Et quand ils croient enfin voir la lueur du jour,
On peine tant à leur dire bonjour?
Ont-ils choisi leur chemin?
Ont-ils choisi ce destin?
Réfugié c'est pas le mot juste.
Comme s'il s'agissait seulement de se déplacer d'un territoire à l'autre.
Le souci c'est le bagage lourd qu'on traîne avec soi, en espérant le poser quelque part.
Où?
Sur un territoire géographique mais aussi sur le cœur celui qui voudra aider à porter ce poids.
Mais bon, on dit Réfugié.
Drôle de consensus.
Zaha Bo Journée Internationale des Réfugiés, 20 Juin