L'homme
était fait pour s'hominiser, pour grandir spirituellement et
moralement.
Mais
il refuse, ça ne l'intéresse pas.
Et
comme nous vivons dans une société qui repose uniquement sur le
profit et sur l'argent, tant qu'il sera profitable de saccager la
nature, de dévaster la flore, la faune, si ça rapporte de l'argent,
on continuera, sans le moindre remord. *
Il
va falloir choisir :
-
accepter l'hominisation véritable, c'est à dire la sympathie et la
pitié pour tous les êtres, le respect de la vie, le refus de la
violence, qu'elle soit institutionnelle ou physique, la pratique
d'une justice véritable, la désacralisation de la chose militaire
-
ou, payant enfin le juste prix de nos folies et de nos cruautés,
laisser la place aux calamars .
Car
en face des dangers sans cesse croissants qui le menacent, l’homme
ne se sauvera pas seul.
- Ou bien, se découvrant enfin
solidaire de l’ensemble du monde vivant, il acceptera la
réconciliation qui s’impose et renoncera à ses cruels orgueils,
- ou bien il ira tout droit, à bord du convoi dont il ne
contrôle déjà plus la course, à une catastrophe où il risque
d’entrainer, avec l’apprenti sorcier puni de sa déraison,
d’autres êtres, eux bien innocents des apocalypses, nucléaires ou
non, qui déjà rougeoient sur l’horizon.
Les
dinosauriens pouvaient bien, eux aussi, s’être crus et à juste
titre, les rois de la création ; et puis il ont dû céder la place,
disparaissant jusqu’au dernier.
Après
tout, pourquoi ne verrait-on pas un jour l’évolution, obstinée,
lancer à la pointe des avant-gardes, un autre groupe pour relayer
celui qui pourrait avoir disparu ? Privé de sa flèche terminale,
l’arbre ne lui substitue-t-il pas un bourgeon de remplacement ?**
* pour le 1° paragraphe: Théodore Monod https://www.ina.fr/video/CAB97117976
** pour la suite Théodore Monod "Et si l'aventure humaine devait échouer" novembre 2000