Nous parlons d'illégaux clandestins,
nous parlons des étrangers comme des êtres illégaux
comme des êtres clandestins
Ces expressions sont entrées dans le langage commun sans que cela semble déranger quiconque,
et chacun les répète dans une insouciante complicité langagière.
Or autant des actes peuvent être illégaux,
des situations peuvent être irrégulières,
autant aucun être humain n'est illégal.
A banaliser cette idée d'un autrui illégal,
nous participons à l'édification de barrières de rejet,
nous contribuons à créer du dehors,
nous cautionnons la construction de murailles d'exclusion.
Il ne s'agit pas d'un détail sémantique, d'une simple question de mots.
Il s'agit d'une transgression de la déclaration des droits de l'homme, et de la Convention de Genève.
Il s'agit d'une agression caractérisée contre autrui et contre soi même.
Quand les noms juif, arabe, rom, immigré, noir, homosexuel,
deviennent LA seule question du moment,
devient LA question
qui cache
voile
aveugle,
c'est nous même que nous mettons en péril
car l'autre
c'est nous même.
Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde.
l'auteur de cette phrase est Brice Parain, philosophe et ami d'Albert Camus

