12 janvier 2021

Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde.



Nous parlons d'illégaux clandestins,
nous parlons des étrangers comme des êtres illégaux
comme des êtres clandestins
Ces expressions sont entrées dans le langage commun sans que cela semble déranger quiconque,
et chacun les répète dans une insouciante complicité langagière.

Or autant des actes peuvent être illégaux,
des situations peuvent être irrégulières,
autant aucun être humain n'est illégal.

A banaliser cette idée d'un autrui illégal,
nous participons à l'édification de barrières de rejet,
nous contribuons à créer du dehors,
nous cautionnons la construction de murailles d'exclusion.

Il ne s'agit pas d'un détail sémantique, d'une simple question de mots.
Il s'agit d'une transgression de la déclaration des droits de l'homme, et de la Convention de Genève.
Il s'agit d'une agression caractérisée contre autrui et contre soi même.

Quand les noms juif, arabe, rom, immigré, noir, homosexuel, 
deviennent LA seule question du moment,
devient LA question
qui cache
voile
aveugle,
c'est nous même que nous mettons en péril
car l'autre
c'est nous même.






Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde.

 
l'auteur de cette phrase est Brice Parain, philosophe et ami d'Albert Camus


07 janvier 2021

Quel avenir pour les libellules et les humains ?

Première échelle de mesure

L’être humain par son histoire évolutive et sa physiologie fait partie du monde animal.
Et pourtant, il s’en singularise par des propriétés exceptionnelles.
Son intelligence fait de l’espèce humaine, la plus avancée de l’évolution. Elle lui permet de déchiffrer les lois de la nature et de les utiliser pour domestiquer les atomes, les bactéries, l’espace. Sa puissance de ses performances semble sans limite.

Rien de surprenant à ce que l’humain se place au sommet de l’évolution.

Pourtant, une telle affirmation dans laquelle il décide unilatéralement des critères de sélection et dont il est juge et partie, mériterait prudence.

Seconde échelle de mesure

En effet, il existe une autre échelle d’évaluation dans la nature, celle qui estime les chances d’une espèce de persister dans l’existence. Une exigence est requise, celle de s’intégrer harmonieusement dans l’écosystème de la vie terrestre.

Les libellules sont apparues il y a 285 millions d'années (140 avant les oiseaux).

Les Libellules ont survécu à toutes les perturbations qui ont affecté la planète.

Qu’en est il, qu’en sera-t’il d’Homo Sapiens apparu voici à peine 300.000 ans?

Cette seconde échelle selon l’aptitude des espèces à persister dans leur écosystème, fait apparaît qu’aucune espèce n’a jamais eu une interaction plus désastreuse avec son environnement naturel que l’espèce humaine. Son avenir est des plus incertains.


L’homme a tant à apprendre de ce tout qui l’entoure.
Modestie, vigilance, respect.
La vie continuera à n’en point douter,
avec ou sans lui.

02 janvier 2021

Faut il dialoguer avec tout le monde?

Faut il dialoguer avec l'extrême droite ?

Cette question s'impose à la vue des échecs répétés des tentatives de dialogue avec l'extrême droite et ce, quelle que soit la solidité de l'argumentation. (1)


Quatre constats:

1. L'unique objectif de l'extrême droite (ED) est de remporter des élections.

2. Pour ce faire, l'extrême droite formule ce postulat de départ: "ceux qui disent n'importe quoi sont très nombreux, voire sont les plus nombreux de ceux qui votent."

3. L'extrême droite calque ses déclarations sur ce que son électorat potentiel a envie d'entendre. Celui-ci change-t'il d'avis, le parti modifie aussitôt son discours sans le moindre état d'âme.

4. L'extrême droite n'a que faire de l'argumentation.

Une question de logique:

Il n'est possible d'argumenter qu'avec un interlocuteur qui argumente.

Faire combattre Trump et Bolsonaro (du n'importe quoi contre du n'importe quoi), ce sera le plus fort (en n'importe quoi) qui écrasera les autres.

Faire dialoguer d'authentiques-démocrates entre eux, c'est celui qui argumentera le mieux qui convaincra l'autre.

Mais vouloir faire dialoguer un spécialiste du n'importe quoi avec un authentique argumentateur est voué à l'échec. (2)

Les électeurs peuvent-ils changer d'avis?

Il pourrait être tentant de croire que si les cadres ont trop d'avantages personnels pour changer, il resterait possible de dialoguer avec les électeurs de base. Ce serait oublier que le discours des cadres recopie en permanence ce qui ressort des opinions de son électorat. 

L'impossible dialogue et le combat

Tout dialogue avec l'extrême droite est structurellement voué à l'échec.
Si celle ci doit être combattue, ce sera sur son terrain, en poussant le n'importe quoi à l'extrême.
En d'autres termes en prescrivant le symptôme.



(1) Ces aides si précieuses et pourtant si peu efficaces:


(2)
Le raisonnement développé est celui que décrit par Blaise Pascal en 1656 dans "Les Provinciales" fin de la Lettre XII. Le dialogue impossible entre "Violence" et "vérité"
La lecture est aisément transposable en dialogue impossible entre n'importe quoi et argumentation soigneusement étayée.

"C’est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaie d’opprimer la vérité. Tous les efforts de la violence ne peuvent affadir la vérité et ne servent qu’à la révéler davantage.

Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence et ne font que l’irriter encore plus.

Quand la force combat la force, la plus puissante détruit la moindre ;  

quand l’on oppose les discours aux discours, ceux qui sont véritables et convaincants confondent et dissipent ceux qui n’ont que la vanité et le mensonge ;

mais la violence et la vérité ne peuvent rien l’une sur l’autre.

Qu’on ne prétende pas de là néanmoins que les choses soient égales"

Et il conclut en affirmant dans le langage de l'époque: La violence n'a qu'un temps, la vérité est éternelle.