10 novembre 2024

Les fleurs de Lucien

« Dans les perspectives biologiques du traitement psychopharmacologique, il n'en restera pas moins que, comme lors des cures de Sakel, les résultats thérapeutiques dépendront autant de la chimie médicamenteuse que des simples effets biologiques du bouquet de fleurs qui sur la table de nuit, reliera le patient à une vie peut-être passée, perdue, mais ouverte sur un espoir. »


Lucien Bonnafé, psychiatre désaliéniste
Textes rassemblés par Bernadette Chevillion
L'Harmattan 2005 p.61

Cherche femme ermite pour épouser médecin pauvre

Pour mémoire: Voici un article publié par le blog Rhizomes il y a juste quinze ans le 10 novembre 2009.

Feuille de route pour homme politique "au service" du service public:


1. concentrer les pôles économiques dans les nœuds routiers et ferroviaires, les métropoles, les zones industrielles péri-urbaines en faisant disparaître les emplois des régions rurales

2. ruiner les paysans avec des quota laitiers et confier aux grandes surfaces le soin d'acheter les produits des agriculteurs en dessous de leur coût de production.

3. supprimer les arrêts de trains et de bus dans les zones dites non rentables

4. supprimer les bureaux de poste

5. retarder l'installation d'ADSL dans les zones dites éloignées

6. créer, contre dédommagement financier, des poubelles nucléaire en zones peu peuplées pour "résoudre" la question des déchets radioactifs

7. supprimer les hôpitaux de proximité en zone rurale en commençant par fermer 182 blocs opératoires sur les 1075 que compte la France, soit 25% des établissements chirurgicaux du secteur public. 

Se rendre compte soudain qu'il y a une pénurie de médecins dans les "déserts médicaux".
Pour résoudre ce petit inconvénient:

- envisager de mettre en place une réquisition des médecins de ville décrétées "sur-dotées" afin de les contraindre à effectuer 4 demi journées de consultation par mois dans les déserts (amende de 1500 à 2000 euro annuels en cas de refus)

- mettre en place un Contrat d’engagement de service public (CESP) avec des étudiants (volontaires et pauvres) qui bénéficieraient d’une prime mensuelle jusqu’à la fin de leurs études (on parle d’un montant de 1200 euros par mois), en contrepartie de quoi ils s’engageraient à exercer dans une zone sous-dense définie par les agences régionales de santé.

Mieux vaut donc être riche et en bonne santé...



Souvenons nous du référendum sur le TCE (traité constitutionnel européen) dans lequel les services publics avaient été rebaptisés SIEG (services d’intérêt économique général), et qui n'étaient tolérés qu'en tant que dérogations exceptionnelles à la règle concurrentielle (un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée).

Le TCE ne protégeait en rien les services publics existants, il les soumettait à la loi de la concurrence dans un vaste processus de libéralisation. Le projet n'était pas celui d’une société solidaire, mais au contraire celui d'une société de la concurrence de tous contre tous.

Les rédacteurs du nouveau Traité de Lisbonne ont bien été contraints de prendre en compte les préoccupations exprimées par 55,6% des Français en garantissant les conditions de fonctionnement des services publics (article 2, points 18 et 27) qui sont définies cette fois de façon positive, et non plus par exception aux règles de la concurrence.

Il n'est pas certain que cela suffise à mettre un coup d'arrêt au processus de démantèlement des services publics poursuivi par celui à qui 53,2% des français ont signé un chèque en blanc pour cinq ans.

Les femmes, les enfants, les violeurs, les pédophiles, le pape et l'arrière grand père

Que le Pape François, gardien du dogme, ne soit pas en accord avec le droit à l’avortement (fût il constitutionnel) ne surprend personne. 

Il est bien la dernière personne à laquelle une femme irait demander son avis dans une situation si difficile à vivre. Que les vieux mâles de la horde s’autorisent d’eux mêmes à rendre leur avis public, n’a bien évidemment aucun intérêt.

Que le pontife assimile les médecins qui pratiquent des IVG à des tueurs à gage est pour le moins excessif, donc insignifiant. 

Que l’université catholique de Louvain la neuve se soit immédiatement désolidarisée de ces propos  dénonçant une vision « déterministe et réductrice » et que plus de 522 belges aient aussitôt fait part aux autorités catholiques du pays de leur souhait d’être débaptisés constituent des signes de profonde déconnexion du pontife avec celles et ceux qui sont douloureusement concernés.

Dans leur lettre ouverte, ces débaptisés dénoncent également « la réponse tiède face aux violences commises par certains membres du clergé à l’encontre des enfants (pédophilie) et des femmes (viols) et l’absence de mesures concrètes pour accompagner et dédommager les victimes. »

Il est probable que le vieux Jorge Mario Bergoglio, arrière grand père de 87 ans, aurait fait preuve de plus de sagesse en gardant pour lui ce qu'il aurait pensé des questions concernant ses descendantes a fortiori lorsqu'aucune d'elles n'aurait sollicité son avis. 



09 novembre 2024

Survivance des Lucioles [Border -- Laura Waddington (2004)]



Survivance des Lucioles

Par Georges Didi-Huberman

Extrait p.133-138

Nous ne vivons pas dans un monde, mais entre deux mondes au moins. Le premier est inondé de lumière, le second traversé de lueurs. Au centre de la lumière, nous fait-on croire, s’agitent ceux que l’on appelle aujourd’hui, par cruelle et hollywoodienne antiphrase, les quelques people, autrement dit les stars — les étoiles, on le sait, portent des noms de divinités — sur lesquelles nous regorgeons d’informations le plus souvent inutiles. Poudre aux yeux qui fait système avec la gloire efficace du « règne » : elle ne nous demande qu’une seule chose, et c’est de l’acclamer unanimement. 

Mais aux marges, c’est-à-dire à travers un territoire infiniment plus étendu, cheminent d’innombrables peuples sur lesquels nous en savons trop peu, donc pour lesquels une contre-information apparaît toujours plus nécessaire. Peuples-lucioles quand ils se retirent dans la nuit, cherchent comme ils peuvent leur liberté de mouvement, fuient les projecteurs du « règne », font l’impossible pour affirmer leurs désirs, émettre leurs propres lueurs et les adresser à d’autres.

Je repense soudain – ce ne sera ici qu’un dernier exemple, il y en aurait bien d’autres à convoquer – aux quelques images fragiles surgies dans la nuit du camp de Sangatte, en 2002, et filmées par Laura Waddington sous le titre Border.



Laura Waddington a passé plusieurs mois dans les zones environnant le camp de la Croix Rouge à Sangatte. Elle filmait les réfugiés afghans ou irakiens qui tentaient désespérément d’échapper à la police et de traverser le tunnel sous la Manche afin de rejoindre l’Angleterre. Elle ne put, de tout cela, que tirer des images-lucioles : images au bord de la disparition, toujours mues par l’urgence de la fuite, toujours proches de ceux qui, pour mener à bien leur projet, se cachaient dans la nuit et tentaient l’impossible au péril de leur vie. La « force diagonale » de ce film se paie en clarté, bien sûr : nécessité d’un matériel léger, obturateur ouvert au maximum, images impures, mise au point difficile, grain envahissant, rythme saccadé produisant quelque chose comme un effet de ralenti. Images de la peur. Images-lueurs, cependant. Nous voyons peu de choses, des bribes seulement : des corps postés sur le bas-côté d’une autoroute, des êtres qui traversent la nuit vers un improbable horizon. Ce ne sont pas, malgré l’obscurité régnante, des corps rendus invisibles, mais bien des « parcelles d’humanité » que le film réussit justement à faire apparaître, si fragiles et brèves que soient leurs apparitions.

Ce qui apparaît dans ces corps de la fuite n’est autre que l’obstination d’un projet, le caractère indestructible d’un désir. Ce qui apparaît est aussi la grâce, quelquefois : grâce que recèle tout désir qui prend forme. Beautés gratuites et inattendues, comme lorsque ce réfugié kurde danse dans la nuit, le vent, avec sa couverture pour toute draperie : tel l’ornement de sa dignité et, quelque part, de sa joie fondamentale, sa joie malgré tout. Border est un film illégal que traversent, de fait, tous les états de la lumière. Il y a, d’une part, ces lueurs dans la nuit : infiniment précieuses, car porteuses de liberté, mais aussi angoissantes, car toujours soumises à un péril palpable. D’autre part – comme dans la situation décrite par Pasolini en 1941 -, nous voyons les « féroces projecteurs » du règne, si ce n’est de la gloire : faisceaux des torches policières dans la campagne, implacable rayon de lumière qui balaye, depuis un hélicoptère, les ténèbres ambiantes. Même les simples lumières des maisons, les lampadaires ou les phares d’automobiles qui passent sur la route nous serrent la gorge dans le contraste déchirant – visuellement déchirant – qui s’instaure avec toute cette humanité jetée dans la nuit, rejetée dans la fuite.

Ces contrastes dans les états de la lumière sont relayés par un frappant contraste sonore où deux états de la voix confèrent au récit de Laura Waddington toute sa subtilité dialectique en dépit de l’extrême simplicité de ses choix formels. C’est, d’un côté, la voix de l’artiste elle-même : voix de très jeune femme, musicale quoique sans effets, d’une extraordinaire tendresse. Elle s’acquitte modestement des exigences du témoignage : elle nous dit son histoire et ses limites intrinsèques ; elle ne juge, ne domine rien de ce qu’elle raconte ; elle s’adresse à des êtres singuliers, rencontrés, précisément nommés (Omar, Abdullah, Mohamed), sans que soit omise la perspective effrayante du phénomène entier (soixante mille réfugiés environ seront passés par Sangatte, apprend-on). Là où nous, les spectateurs du film, sommes quelquefois éblouis par un plan surexposé, Laura Waddington nous dit comment les réfugiés eux-mêmes revenaient au camp aveuglés par les gaz lacrymogènes.

Tout à coup, au milieu de ce récit et de sa voix – qui n’est pas sans m’évoquer la complainte lyrique que récitait la poétesse Forough Farrokhzad en accompagnement de son implacable documentaire sur une léproserie iranienne, intitulé La Maison est noire, explose une séquence enregistrée en son direct et filmée depuis l’intérieur d’une manifestation des réfugiés contre l’imminente fermeture du camp. Alors ce ne sont plus des lueurs mais des explosions, des flashes ; ce ne sont plus des paroles mais des cris hurlés à toute force, en pure perte. La caméra elle-même manifeste et se débat. L’image en est toute malmenée, mise en danger : elle tente à chaque plan de sauver elle-même. Plus tard se reformera le silence. On verra un groupe de réfugiés – mais il ne faut pas dire « réfugiés », il faut encore dire « fugitifs » -, guidés par un passeur, s’éloigner dans la ténèbre vers un horizon vaguement lumineux. Leur but est là-bas, au-delà, derrière cette ligne. Même si nous savons bien que ce « là-bas » ne leur sera pas toujours un refuge. Ils finissent par se confondre avec l’obscurité des taillis et la ligne de l’horizon. Des phares surgissent encore. Le film se termine sur quelque chose comme un arrêt sur éblouissement.

Images, donc, pour organiser notre pessimisme. Images pour protester contre la gloire du règne et ses faisceaux de dure lumière. Les lucioles ont-elles disparu ? Bien sûr que non. Quelques-unes sont tout près de nous, elles nous frôlent dans l’obscurité ; d’autres sont parties au-delà de l’horizon, essayant de reformer ailleurs leur communauté, leur minorité, leur désir partagé. Ici même nous demeurent les images de Laura Waddington et les noms – dans le générique de fin – de tous ceux qu’elle aura rencontrés. On peut regarder le film à nouveau, on peut le donner à voir, le copier sur son ordinateur, en faire circuler des bribes, qui en susciteront d’autres : images-lucioles.

(Octobre-Novembre 2008)
 
“Survivance des lucioles” de Georges Didi-Huberman (publ. Éditions de Minuit, Paris, France, 2009)



Depuis le 1ᵉʳ janvier, au moins 73 personnes sont mortes en tentant de rejoindre le Royaume-Uni, faisant de 2024 l’année la plus meurtrière à la frontière franco-britannique depuis 1999.

03 septembre 2024

« Le travail rend libre» ?

 « Le travail rend libre» était gravée au fronton des camps de la mort.
A présent plus personne ne semble en douter.
Désormais c'est sur l'exclu, sur celui qui ne travaille pas, que tombe la déconsidération sociale ou le soupçon

Mais rend libre de quoi?
Les retraités, ceux qui sont sortis vivants, sont libérés de l'asservissement sur lequel repose le système économico-politique de la dette.

Quelle liberté la société laisse-t’elle à ceux qui « préféreraient mieux ne pas» (1)

Le salariat forcené est l'un des visages de la servitude volontaire.(2)
Une société qui enferme les être dans cette valeur in-questionnable du travail(3), les prive  de penser qu'il y a une justesse dans d'autres rapports au monde (4).

 

 

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(1)  Bartelby. Melville.

(2)  Spinoza TTP préface. « Le grand secret du régime monarchique et son intérêt majeur est de tromper les hommes en travestissant du nom de religion la crainte dont on veut les tenir en bride, afin qu’ils combattent pour leur servitude comme s’il s’agissait de leur salut, et croient non s’avilir, mais s’honorer au plus haut point de répandre leur sang et leur vie pour satisfaire la vanité d’un seul homme”

(3)  ici valeur = coût

(4) ici valeur = ce qui n'a pas de prix



21 juin 2024

Réfugiés

 

Le truc, c'est qu'être réfugié n'arrive pas seul.

C'est plutôt, 

Réfugié et déraciné.

Réfugié et défiguré.

Réfugié et veuf(ve).

Réfugié et orphelin(e).

Réfugié et déscolarisé.

Réfugié et sans amis.

Réfugié et affamé.

Réfugié et fatigué.

Mais quand même réfugié et survivant.

Sûrement un peu de tout ceci à la fois.

 

Mais sur les nouveaux papiers que tu reçois tout ça n'est pas marqué.

C'est marqué "Réfugié". Et bang.

Et sur ton passeport, non je me goure, t'as pas de passeport.

T'as un titre de voyage sur lequel il est marqué que tu peux aller partout sauf dans ton pays d'origine.

Ha-ha-ha. Comme si tu ne le savais pas.

C'est comme si tu devais aimer tout le monde sauf l'amour de ta vie.

Comme si tu pouvais. 

 

En voyage scolaire tes amis comparent leurs passeports et toi t'as un titre de voyage.

Mais tu t'en fiches car t'es en paix.

Et tu n'entends plus les bruits de la guerre.

 

Quel est le statut pour les sans espoirs?

Ceux à qui personne n'a jamais dit au revoir?

Et quand ils croient enfin voir la lueur du jour,

On peine tant à leur dire bonjour?

Ont-ils choisi leur chemin?

Ont-ils choisi ce destin? 

 

Réfugié c'est pas le mot juste.

Comme s'il s'agissait seulement de se déplacer d'un territoire à l'autre.

Le souci c'est le bagage lourd qu'on traîne avec soi, en espérant le poser quelque part.

Où? 

Sur un territoire géographique mais aussi sur le cœur celui qui voudra aider à porter ce poids.

Mais bon, on dit Réfugié.

Drôle de consensus.

 

Zaha Bo  Journée Internationale des Réfugiés, 20 Juin

 

08 juin 2024

Abolir notre peine de mourir.


Une des plus belles avancées de l’humanité a été l’abolition de la peine de mort.

Pourquoi ? Parce que chaque fois que nous faisons un progrès sur la question de la mort,

  • il ne s’agit plus d’histoire,
  • il ne s’agit plus de sociologie,
  • il ne s’agit plus plus de politique,

il s’agit de l’hominisation.

C’est à dire que nous étions probablement et sûrement des bêtes, nous le sommes encore, et nous devenons progressivement des hommes.

Et le jour où Abraham n’a pas tué son fils Isaac, ça a été un moment d’hominisation formidable. Parce que le meurtre du fils s’est arrêté, hélas il ne s’est pas arrêté pour autant puisqu’il y a des guerres.


Mais le jour où avec Robert Badinter, la France a aboli la peine de mort,

  • non on n’a pas fait un progrès historique,
  • non on n’a pas fait un progrès politique.

on a fait un progrès vers l’humain.

C’est une bifurcation complète de l’humanité, pas seulement de la France.


Et à partir de là, un des vrais combats de l’humanité d’aujourd’hui, c’est d’adoucir la peine de mourir et là, ça pourrait s’appeler aussi l’abolition de la peine de mort. Parce que nous sommes tous destinés à cette peine et les soignants qui font aujourd’hui des soins palliatifs, abolissent la peine de mourir. Ils abolissent aussi la peine de mort.


Je crois que lorsque nous naissons, nous mettons très longtemps à prendre conscience que nous vivons. Un enfant de 18 mois n’a pas la même conscience qu’un l’enfant de 5 ans, de 12 ans, de 18 ans et aujourd’hui.

Il y a une croissance dans la présence à la vie.

Et pourquoi n’y aurait-il pas à la fin de la vie une sorte de décroissance un peu symétrique à la croissance que nous avons connue lorsque nous étions enfants et cette décroissance nous accompagnerait vers la peine de mourir en l’adoucissant au fur et à mesure.

Et d’une certaine manière, la philosophie aidant, on doit pouvoir emprunter cette route là.

Michel Serres


03 mai 2024

Intelligence? artificielle.

les mots indexés° sont définis dans le glossaire en fin de texte

L’I.A° est l'association d’algorithmes° et de DATA°
Il s’agit de  machines possédant 

  • une aptitude analytique
  • une bonne compétence à simuler

La machine simule une des dix formes d’intelligences humaines.
Est passée sous silence sa parfaite inaptitude 

  • à penser, 
  • à créer, 
  • à réfléchir, 
  • à conceptualiser, 
  • à conscientiser, 
  • à s’humaniser.

Débordés par le volume des MégaDonnées, les concepteurs se heurtent à leur parfaite incompréhension du comportement erratique de leurs machines. Désormais livrées à elles seules, certaines° ont pour l'instant franchi l’horizon de l’explicable.

Le DATA-scientist° cauchemarde: L’au-delà de l’inexplicable est-il programmable? 

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Glossaire:

I.A° Intelligence artificielle (A.I en américain)

Algorithme°: c'est un programme informatique décrivant la procédure à suivre
                     pour répondre à une question, un problème

big-DATA° : en français MégaDonnées,
                   volume massif de données qui atteindra 175 Zo (zettaoctet) en 2025.
                   1000 milliards de milliards d'octets (l'octet est l'unité de mesure de stockage.
                    Un ordinateur récent dispose d'une mémoire de stockage de 1000 milliards d'octets.
                    Il faudrait un milliards d'ordinateurs de ce type pour héberger le big-DATA.
                    C'est la matière première sur laquelle travaillent les algorithmes.

DATA-scientist°      ingénieur expert en sciences des données

Machines learning°, machines auto-apprenantes à partir des Méga-données
                    dont la qualité est loin d'être parfaite
                    (Internet, données collectée dans les réseaux sociaux, publications recopiées etc)

11 avril 2024

Pense aux autre

Delphine  Horvilleur,
est  rabin de l'association Judaïsme en mouvement

Le texte ci dessous figure à la toute première page de son dernier livre (1)

Mahmoud Darwich 
est un poète palestinien auteur de "Pense aux autres" (2)


Quand tu prépares ton petit-déjeuner,
pense aux autres.
(N'oublie pas le grain aux colombes.)

Quand tu mènes tes guerres, pense aux autres.
(N'oublie pas ceux qui réclament la paix.)

Quand tu règles la facture d'eau, pense aux autres.
(Qui tètent les nuages.)

Quand tu rentres à la maison, ta maison,
pense aux autres.
(N'oublie pas le peuple des tentes.)

Quand tu comptes les étoiles pour dormir,
pense aux autres.
(Certains n'ont pas le loisir de rêver.)

Quand tu te libères par la métonymie,
pense aux autres.
(Qui ont perdu le droit à la parole.)

Quand tu penses aux autres lointains,
pense à toi.
(Dis-toi : Si seulement je pouvais être une bougie dans le noir ?)


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(1) Delphine Horvilleur:  "Comment ça va pas? Conversations après le 7 octobre")
(2) Mahmoud Darwich:  "Comme des fleurs d'amandiers ou plus loin" © Actes Sud 2007, p.13