10 décembre 2021

Voyageur il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant

 

Jamais je n'ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire des hommes
Laisser mes chansons.
Mais j'aime les mondes subtils
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon.

J'aime les voir s'envoler,
Se colorer de soleil et de pourpre,
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater.

À demander ce que tu sais
Tu ne dois pas perdre ton temps
Et à des questions sans réponse
Qui donc pourrait te répondre ?

Chantez en cœur avec moi :
Savoir ? Nous ne savons rien
Venus d'une mer de mystère
Vers une mer inconnue nous allons

Et entre les deux mystères

Règne la grave énigme

Une clef inconnue ferme les trois coffres
Le savant n'enseigne rien, lumière n'éclaire pas
Que disent les mots ?
Et que dit l'eau du rocher ?

Voyageur, le chemin
C'est les traces de tes pas
C'est tout ; voyageur,
il n'y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant

Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler

Voyageur ! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer.
Tout passe et tout demeure

Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant

Des chemins

Des chemins sur la mer

Antonio Machado 

 



 Antonio Machado     
dessiné en 1925     
par Leandro Oroz Lacalle

09 décembre 2021

ASKAVUSA, un contre-récit de la frontière.

 

Tout a commencé à la décharge de Lampedusa.

C’est là qu’un jour l’artiste et activiste Giacomo Sferlazzo découvre un grand sac poubelle abritant des objets ayant appartenu à des migrants échoués sur l’île : des lettres, des photos, des textes religieux, des disques de musique.
 
"Cela a été un tournant, parce que c’était comme toucher l’Histoire de mes mains", explique cet Italien qui a fait cette découverte en compagnie d’autres amis de son association Askavusa
 
Pour rendre compte du passage des migrants sur l’île italienne et pour rendre hommage à celles et ceux qui risquent leur vie pour traverser la Méditerranée, l'association a construit un musée baptisé "Porto M". Le M représente la migration et la Méditerranée.
 
Sur cette photo la salle des sacs de migrants morts en mer
"Chaque sac a une histoire".