30 avril 2021

Être de gauche, c’est la moindre des choses...



Si vous deviez vous définir au delà des catégories professionnelles, des titres des diplômes? Comment vous décririez-vous?

Comment se nommer soi même par rapport aux nominations officielles est une bonne façon de se décrire. J’utiliserais un mot qu'il faudrait inventer: radicalisateur.

L’objectif de ma vie, c’est de radicaliser les choses, rendre la pensée plus radicale, rendre la politique plus radicale rendre la pensée plus radicale dans la théorie et dans l’action de la gauche.

Essayez de voir où y a t’il encore des freins alors même qu’on se croit progressiste. Essayer d’aller au bout de ce type d’impensé.

Geoffroy de Lagasnerie, avec votre nom, vos origines, on ne vous attend pas forcément à gauche, gauche radicale…

Il n’y a pas de gauche radicale, il n’y a qu’une seule gauche réelle et légitime.
On ne peut pas être trop pour la justice, trop pour l'égalité, trop pour la liberté, ça n’a pas de sens.
Ou la gauche est entièrement pour ça ou elle n’est pas de gauche.
Il y a une gauche qui plaide pour un monde d’égalité, de liberté, d’émancipation
et puis après il y a des nuances de droite.

Il ne faut jamais s’expliquer d’être de gauche.

Il suffit de vivre dans le monde et parce que nous vivons dans le monde, nous héritons de tout le monde, de voir des clochards dans les rue, de voir la Palestine occupée, de voir l’expropriation de l’Afrique, de voir les conditions de travail, de voir la domination masculine, de voir l’homophobie tout cela est patent, objectif, visible, le seul fait d’être au monde produit le fait de vouloir transformer le monde et ça s’appelle la gauche.

La gauche c’est comme l’amour, c’est inexplicable. C’est un sentiment premier qui est tout à fait normal. C’est donné, l’évidence est donnée par l'état du monde.

Ce qu’il faut expliquer, c’est la droite. 

Qu’est ce qui fait que des gens puissent ne pas être de gauche, puissent ne pas être favorables à transformer radicalement le capitalisme, l’impérialisme, les structures de domination quand ils voient la réalité objective.

Face à l’évidence que le monde est dégueulasse, les gens de droite se débattent avec leur inconscient, contre l'évidence. Ils inventent des idéologies, la méritocratie, la supériorité d’une culture, ce sont des manières de pouvoir continuer à vivre avec leur mauvaise conscience.

Être de gauche, c’est la moindre des choses.

 


28 avril 2021

Faut il tuer les fous?

Le premier monstre qu'on enregistre, c'est cette femme de Sélestat, dont Léon Pierre Peter a analysé le cas dans une revue de psychanalyse. En 1817, « la femme de Sélestat » avait tué sa fille, l'avait découpée et avait fait cuire sa cuisse dans des choux blancs

Quelques années plus tard, ce fut l'affaire de Léger, un berger rendu à l'état de nature par sa solitude, qui avait tué une petite fille, l'avait violée, lui avait découpé les organes sexuels, les avait mangés, lui avait arraché le cœur et l'avait dégusté.

Vers les années 1825, il y eut l'affaire du soldat Bertrand qui, au cimetière Montparnasse, ouvrait les tombes, extrayait les cadavres des femmes, les violait avant de les ouvrir au couteau puis il accrochait leurs entrailles aux croix des tombes et aux branches des cyprès comme des guirlandes.

Ce sont trois des figures de monstruosités qui furent les points d'organisation et de déclenchement de toute la médecine légale.

Ref : Michel Foucault. Les anormaux.
Cours au Collège de France 1974-75 p94.

La notion d’irresponsabilité pénale pour raison psychiatrique est née des réflexions de cette époque. Au fil des deux siècles suivants, de nombreux pays européens ont adopté une législation adaptée aux délinquant atteints de troubles mentaux.

Ref https://www.senat.fr/lc/lc132/lc132_mono.html

L’irresponsabilité pénale d’un meurtrier atteint, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes, pose relativement peu de problèmes à quiconque est un tant soit peu informé du contenu réel des dispositions législatives.

À la question de l’irresponsabilité pénale des psychotiques hallucinés, dépourvus de discernement ou de contrôle de leurs actes, la réponse est binaire :

soit il est responsable pénalement de ses actes
soit il ne l’est pas
.

La réponse est par nature indiscutable, non négociable, définitive et ce, quelle que soit la religion de l’assassin, quels que soient ses propos, la monstruosité de ses actes et ses diverses consommations illicites.

Il arrive qu’épisodiquement les législations soient remises en cause, en particulier lorsqu’un meurtre concerne une ministre (Anna Lindh, ministre suédoise des Affaires étrangères, le 10/09/ 2003) ou lorsqu’un psychotique massacre une brave dame, juive dans ce cas, que l'halluciné est arabe, qu’il est fumeur régulier de cannabis, qu’il est en proie à un délire d’hostilité politico-religieuse et qu'il agrémente son massacre d'une phrase rituelle.

Dans ce cas, l’opinion assoupie s’offusque, défile en manif et exige courageusement qu’il devient urgent de changer la loi.

Il aurait tout aussi bien pu s’agir d’un psychotique juif (aucune confession, aucun pays n’est épargnée par la maladie mentale), il aurait lui aussi pu être consommateur de cannabis, aurait pu être en proie à un délire d’hostilité palestino-religieux, et aurait pu massacrer une brave grand-mère musulmane.

L’indignation de l’opinion aurait été analogue, n'est ce pas?

L’antisémitisme a fait des ravages dans nombre de pays européens, principalement entre les deux guerres mondiales.

Dans les mêmes pays l’islamophobie fait, elle aussi, des ravages, principalement depuis la fin du XX° siècle. Les auteurs de ces deux phobies sont au demeurant souvent les mêmes.

Ces haines sournoisement insinuées dans les consciences par leur simplisme contagieux, profitent de tout évènement monstrueusement tragique pour attiser les hostilités.

Les confessions religieuses n'ont évidemment rien à voir rien à voir avec notre malade mental irresponsable sur le plan pénal.

Si des propos antisémites, islamophobes, homophobes ont été constatés à l'époque où le futur meurtrier était encore responsable de ses propos, ceux-ci entraient indiscutablement sous le coup de la loi. 

Que la torpeur paresseuse de l'opinion ne l'ait pas encouragée à signaler ces propos à la justice ne l'autorise pas aujourd'hui à les instrumentaliser pour donner le coup de grâce à un fou désorienté.

Il est une autre question majeure de notre temps qui n’a rien à voir non plus avec notre halluciné irresponsable.

Si la consommation de drogues est prohibée, comment explique t’on une telle complaisance de fait envers les trafiquants, les revendeurs, les consommateurs ? 

Il n'échappe à personne que la consommation d'alcool ou de drogues par les psychotiques souffrants repose sur leur particularité d'être les seuls anxiolytiques en vente libre.

A vouloir sous le coup de l’émotion, remettre en cause des lois longuement et mûrement réfléchies, l’opinion risque de se précipiter dans la situation d’avant 1817 lorsque la peine de mort prospérait en tant que pire réponse, faisant de chacun de ses partisans, des assassins de malades.

Soyons attentifs à chaque instant à ce que cette pire réponse, au simplisme si facilement épidémique, ne finisse par avoir définitivement raison de la belle vertu qu'est la xénophilie.


27 avril 2021

Ces français qui terrorisent d'autres français

25 lois anti-terroristes depuis 1986,
soit une loi tous les 18 mois,
5 depuis 2015.

La préférence donnée aux algorithmes visant le danger venu d'ailleurs plutôt qu'à l'adéquation des effectifs à la mise en œuvre des dites lois, témoigne d'un louable souci d'économie des deniers publics à défaut d'efficacité.

Témoin ce chiffre fourni ce jour par le coordonnateur du renseignement et de la lutte contre le terrorisme: depuis 2015, 80% des auteurs des attentats terroristes sur le sol national sont des ressortissants français*.







* Laurent Nuñez, le coordonnateur du renseignement et de la lutte contre le terrorisme a déclaré le 27 avril 2021 au micro de France Inter: "Entre 2014 et 2020, sur les 184 individus impliqués dans 101 projets d’attentats aboutis, échoués ou déjoués, 40 étaient de nationalité étrangère, soit 22 %"

26 avril 2021

Il y a 84 ans, une petite ville basque...

Dans le ciel d'une petite ville basque, le 26 avril 1937 À 16h30, se présentèrent les avions allemands de la légion Condor. 

À 19h45, environ trois heures plus tard, le premier acte de terrorisme de l'histoire moderne, la destruction de Guernica, était terminée. 

C'était lundi, jour de marché, l'alarme fut donnée par une cloche cinq minutes avant le raid. Il y eut deux mille morts.

J'appelle terrorisme le bombardement d'une ville. Terroriste est celui qui se donne comme objectif militaire la vie de la population civile.

 

Erri de Luca. Le plus et le moins




24 avril 2021

Le virus qui cache la forêt

 

Avant de reprendre la vie comme avant, regardons de plus près.

Voici l’histoire du virus Nipah.

A la fin des années 90, la Malaisie a choisi de convertir des forêts en terres agricoles et notamment d’y pratiquer l’élevage sous la forme de grandes fermes à cochons.

Dans la même région vit une chauve souris porteuse du virus Nipah. Elle se nourrit en grignotant des fruits. Lorsque les fruits tombent à terre, ils sont mangés par les porcs qui ingurgitent par la même occasion la salive et des excréments de chauves souris porteuses de virus.

Les porcs ainsi contaminés infectent à leur tour les éleveurs. On dénombre rapidement plus d’une centaine de morts parmi les éleveurs et il faut rapidement abattre en urgence un million de porcs pour stopper la propagation de la maladie.

Remarquons combien il est insolite de trouver autant de porcs en Malaisie qui est un pays à majorité musulmane. En fait ces porcs étaient évidemment destinés à l’exportation.

A partir de ce simple exemple, observons comment un virus parti d’Asie du Sud Est peut se retrouver si facilement dans des voies respiratoires européennes en quelques jours.

Depuis la nuit des temps, des mammifères sauvages hébergent des centaines de milliers de virus, inconnus pour la plupart.

Parmi ceux que nous connaissons certains sont plus redoutables que d’autres,

Sur 100 personnes atteintes, la Covid19 tue 1 personne
Sur 100 personnes atteintes, le Sars 2002 tue 15 personnes.
Sur 100 personnes atteintes, le virus Ebola tue 50 personnes.
Sur 100 personnes atteintes, le virus Nipah (celui de Malaisie) tue 50 à 75 personnes.


Qu’est ce qui a changé depuis cette nuit des temps ?

Chaque année, une surface forestière équivalente à la moitié de la France disparaît sur la planète.
La déforestation déloge les animaux sauvages de leur habitat naturel et les met en contact avec les animaux domestiques donc avec l’homme.

Par ailleurs, depuis l’expansion du trafic aérien ces dernières décennies, les marchandises peuvent se retrouver à n’importe quel endroit de la planète en quelques heures.

Durant les mêmes décennies, la population mondiale est passée de 4 à 7 milliards. Un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles surpeuplés dans des conditions d’hygiène précaire

Les maladies peuvent ainsi se propager plus loin, plus vite, et concerner de plus en plus de monde.

En définitive, qui faut-il désigner comme responsable de la pandémie? Le virus? la chauve-souris? le porc? la déforestation? les délocalisations? la grande distribution?

Tant que le seul mis en examen restera ce malheureux bout d’ARN viral, tant que les bêtes sauvages continueront à être délogées de leur habitat naturel, tant que la chaîne de propagation ne sera pas sérieusement mise en cause, les mêmes causes produiront, à n’en pas douter, de plus en plus d’effets..


*     *

*

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils continuent de chérir les causes."

Il s'agit d'une une interprétation modernisée d'une citation de Bossuet datant de 1897:
"Dieu se rit des prières qu'on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s'oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je! quand on l'approuve et qu'on y souscrit, quoique ce soit avec répugnance."





21 avril 2021

Les gilets-jaunes version chilienne

Depuis le 25 octobre 2020, un mouvement de contestation rassemble deux millions de personnes qui s’élèvent contre un ensemble de mesures gouvernementales et de difficultés sociales dans les domaines de la santé, des transports, de l’éducation, des retraites et surtout des inégalités. Un Chilien sur deux vit avec moins de 480 euros par mois (un ticket de métro  coûte 1 euro)

La répression a été massive et sanglante. Le bilan s’établit à une vingtaine de morts, 2000 personnes enfermées qui attendent leur procès pour avoir manifesté, des femmes incarcérés sont violées, à quoi s’ajoutent les innombrables disparus qui rappellent les heures sombres de la dictature Pinochet. Ajoutons plus de 11.000 blessés, 200 éborgnés,  faisant écho à quelque chose qu’on connaît bien en France.

Acculé par la puissance de ce mouvement qu’il ne parvient pas à contenir, Piñera finit par céder sur la question du processus constituant qui est une des principales revendications du mouvement. Il ne le fait évidemment pas par conviction ni parce qu’il pense que c’est une bonne idée. Il le fait parce qu’il n’a pas le choix. 

En face, la colère s’ajoute à la frustration tant restent présentent les revendications n’ayant pas obtenu de réponse et qui concernent la vie quotidienne.

18 avril 2021

L'élites selon Peter

 Le principe de Laurence Peter (1969) est une loi empirique  relative aux organisations hiérarchiques qui veut que dans tout système de ce type, chacun a tendance à s'élever à son niveau d'incompétence. 

Le corollaire en est qu’avec le temps, tout poste finit par être occupé par un individu incapable d'en assumer la responsabilité.

Ce mécanisme concerne en particulier bon nombre d’hommes politiques. Il semblerait aussi qu'il n’épargne pas certaines de leurs collègues féminines.

Il se reconnaissent à la certitude qu'ils affichent d'être l'élite de la nation. Hormis eux personne n'est dupe.

 

16 avril 2021

Notre foyer

 

« Regardez ce point.
C’est ici.
C’est notre foyer.

C’est nous.

Dessus se trouvent tous ceux que vous aimez, tous ceux que vous connaissez, tous ceux dont vous avez entendu parler, tous les êtres humains qui ont vécu.

La somme de nos joies et de nos souffrances.
Des milliers de religions, d’idéologies et de doctrines économiques remplies de certitudes.

Tous les chasseurs et cueilleurs, tous les héros et tous les lâches, tous les créateurs et destructeurs de civilisations. Tous les rois et paysans, tous les jeunes couples d’amoureux, tous les pères, mères, enfants remplis d’espoir, inventeurs et explorateurs. Tous les moralisateurs, tous les politiciens corrompus, toutes les “superstars”, tous les “guides suprêmes”, tous les saints et pécheurs de l’histoire de notre espèce ont vécu ici…

Sur ce grain de poussière suspendu dans un rayon de soleil.

La Terre est une scène minuscule dans l’immense arène cosmique. Songez aux rivières de sang déversées par tous ces généraux et empereurs afin que, nimbés de triomphe et de gloire, ils puissent devenir les maîtres temporaires d’une fraction… d’un point.

Songez aux cruautés sans fin infligées par les habitants d’un recoin de ce pixel aux habitants à peine différents d’un autre recoin.

Comme ils peinent à s’entendre, comme ils sont prompts à s’entretuer, comme leurs haines sont ferventes. Nos postures, notre soi-disant importance, l’illusion que nous avons quelque position privilégiée dans l’univers, sont mises en perspective par ce point de lumière pâle.

Notre planète est une poussière isolée, enveloppée dans la grande nuit cosmique. Dans notre obscurité, dans toute cette immensité, rien ne laisse présager qu’une aide viendra d’ailleurs, pour nous sauver de nous-mêmes. La Terre est jusqu’à présent, le seul monde connu à abriter la vie. Il n’y a nulle part ailleurs, au moins dans un futur proche, vers où notre espèce pourrait migrer. Visiter, oui. S’installer, pas encore. Que nous le voulions ou non, pour le moment, c’est sur Terre que nous nous trouvons.

On dit que l’astronomie incite à l’humilité et forge le caractère. Il n’y a peut-être pas de meilleure démonstration de la vanité humaine que cette lointaine image.

Pour moi, cela souligne notre responsabilité de cohabiter plus fraternellement les uns avec les autres, et de préserver et chérir le point bleu pâle, la seule maison que nous ayons jamais connue.»

 

Texte de Carl Sagan, Pale Blue Dot, écrit en 1994, inspiré par la photo ci-dessus prise le 14 février 1990 par la sonde Voyager 1, alors qu’elle se trouvait à plus de 6 milliards de kilomètres de la Terre, au-delà de l’orbite de Neptune. En 2020 la sonde était à plus de 22 milliards de kilomètres de notre Soleil.

14 avril 2021

Ah ! les thromboses...

 

Amusons nous à comparer l'incidence des thromboses dues aux vaccins≠covid, aux pilules contraceptives, à la grossesse:
  • 4 cas de thromboses par million après vaccins Pfizer et Moderna
  • 5 cas par million après la première dose du vaccin AstraZeneca
  • 1 cas par million après la dose unique du vaccin Jansen (interrompu aux USA après 6 cas pour 6,8 millions de vaccinations
  • 39 cas de thromboses par million de patients infectés par la Covid-19
et à la belle époque où la covid19 n'avait pas déclaré la guerre à l'humanité:
  • 200 thromboses par million de femmes utilisatrices de pilules de 2° génération
  • 300 à 400 par million de femmes utilisatrices de pilules de 3° génération
  • 50 à 100 par million de femmes non utilisatrices de pilule contraceptive
  • 600 par millions Grossesses+post accouchement

Pour celles et ceux qui veulent éviter absolument tout risque de thrombose, il faudra renoncer 
  • aux pilules contraceptives 
  • mais aussi aux grossesses, 
  • fuir la covid-19, 
  • mais aussi les vaccins qui en protègent, 
  • éviter d’être une femme 
  • et plus simplement peut être, éviter les phobies par manque d'information.