30 janvier 2022

Éduquer

 

Les enseignant peuvent se répartir en trois catégories.

  • Les "suffisamment bons" sont ceux qui enseignent de manière équilibrée en répondant aux besoins des élèves et qui leur permettent, au minimum, de patienter une année ou deux afin qu'ils rencontrent un représentant de la catégorie suivante.
  • Les enseignants exceptionnels sont ceux qui par une pédagogie remarquable parviendraient à faire aimer n'importe quelle discipline au point parfois de susciter des vocations.
  • Les enseignants pitoyables qui par leur médiocrité parviennent à faire détester n'importe quelle matière. Les pires d'entre eux malheureusement y parviennent et souvent les cicatrices sont irréversibles.

Or hacun d'entre nous est apte à tout comprendre (même le complexe) dès lors que celui ou celle qui transmet une connaissance, a lui même compris et assimilé ce dont il parle et dès lors qu'il prend plaisir à échanger ses passions.

Éduquer consiste à transformer un petit d'homme en un être civilisé. Cela suppose qu'on lui transmette ce que l'humanité a fait de meilleur ou de plus utile (langage, règles de vie commune, valeurs, idéaux, Panthéon...). 

Une génération transmet des pépites du passé, à des enfants qui inventeront l'avenir et parfois un progrès.




Ecouter l'inouï

 


« L’inouï (ce que l’audition courante n’a pas perçu) a partie liée avec l’absence, le retrait, la disparition.

Comment lier ensemble le rythme et l’absence?

- Seul ce qui fait acte de présence semble rythmer le monde. 
C’est parce que je me heurte à une présence que je me heurte à un certain rythme

- Ce qui est absent fuit le rythme 
dans la mesure où il ne compose avec rien.
Le néant que suggère l’absence, crée un vide dans lequel le rythme ne tient pas. » (1)


Comment lier le rythme et l’absence?

Habitué à entendre le rythme cardiaque, le médecin est surpris de percevoir l’assourdissement d’un bruit (B1 dans l’Insuffisance Mitrale, B2 dans le Rétrécissement aortique ou le Rétrécissement pulmonaire), habitué à palper les pouls et leur pulsation rythmique, l’absence d'un ou de plusieurs pouls le surprend soudain, tout comme l’absence d’un réflexe ostéo-tendineux lors d’un examen neurologique, de même que la disparition du murmure vésiculaire à l’auscultation d’un pneumothorax ou l’éloignement progressif du rythme cardiaque dans une péricardite.

C’est parce qu’il examine en s’attendant à percevoir un rythme que le médecin entend soudain l’inouï.

Dans le flot de la libre association, dans la succession des mots, de leur scansion, de leur coupure, des pauses, des silences, des interruptions inopinées, le psychanalyste réalise la prouesse, au milieu de ce qu’il entend, de soudain percevoir l’inouï: dernière syllabe d’un mot qui subrepticement s’accole à la première syllabe du mot suivant, une fin de phrase qui fusionne avec début de la suivante, non-dits, mots courants soigneusement évités et substitués par des synonymes insolites…


C’est parce qu'il pratique cette double écoute, qu’au cœur du sac et du ressac du flux conscient, le psychanalyste perçoit l’inouï de l’inconscient.

Peut être est-ce ainsi que s’instaure cette connivence inattendue entre le rythme et l'absence inouïe .



(1) Mallarmé et la parole de l’imâm de Cynthia Fleury