26 avril 2022

La question : Qu'en penses-tu ?

 L'idéologie, c'est ce qui pense à votre place, écrivait Jean-François Revel.


"L'idéologie de la médecine libérale reste forte et prégnante. 

Les groupes de pairs apparaissent comme des îlots de résistance face à la culture de la concurrence, avec comme corollaire la responsabilité individuelle, avec le dogme du médecin 'qui sait', face au malade 'qui ignore' et donc de la nécessaire défense de la toute puissance du savoir médical, qui ne doit pas être remis en cause et donc être défendu avec ardeur par les médecins. 
 
Assumer ses doutes sur cette puissance médicale est vécu comme la trahison de la profession. Réfléchir à plusieurs sur sa pratique est subversif puisque cela débouche sur le besoin de transformation des systèmes.

La question : " Qu'en penses-tu ? posée à un autre soignant est donc à la fois un moyen de se réconforter face à la difficulté de l'exercice quotidien, mais c'est aussi le début d'un processus qui, à partir de son exercice professionnel, pose d'une manière collective la question du sens de cet exercice"

Didier Ménard dans
« Pratiques. Les cahiers
de la médecine utopique ».
Avril 2009


 

À se complaire dans l'idéologie, chacun s'expose à se voir poser la question: " Quand penses-tu ?"

13 avril 2022

Ce qui viole l'ordre harmonieux des choses

La « Violence »
est tout ce qui viole l'ordre harmonieux des choses, 

en commençant par le mensonge,
qui est le viol de la vérité ;
l'abus, légal ou non,
qui est le viol de la justice ;
l'oppression,
qui est le viol de la liberté ;
le meurtre et la cruauté,
viol de la vie ;
l'avilissement et la corruption,
viol de la dignité ;
pollution et désintégration atomique,
viol de la nature ;
intolérance religieuse et idéologique,
viol de la conscience. 

Et toutes ces violences-là sont des violences artificielles.
Elles ont pour cause l'esprit de profit et la volonté de domination.
Il en résulte
guerres,
révoltes,
misères,
servitudes,
qui sont quatre fléaux faits de main d'homme, qui se préparent et se perpétuent avec toute la bénédiction de la légalité et de la moralité.
Ils constituent les enchaînements et les déchaînements de la violence légitime. 

Et la moins artificielle des violences légitimes,
c'est la défense légitime,
qui, quand elle aboutit au meurtre,
devrait plutôt s'appeler l'offense légitime. 

Et, naturellement, la suprême expression de la violence légitime,
c'est ce que les hommes appellent « la justice »,
c'est-à-dire, cette espèce de démence de la raison,
qui pense qu'il faut répondre à un mal par un mal,
et qu'on doit appeler « bien » le mal qu'on rend. 

Ce qui fait qu'on redouble le mal et qu'on entre dans une chaîne qui n'en finit pas.

 

Lanza Del Vasto lors d'une émission de 1974 dans les après-midi de France Culture.

Entre les deux tours

 

Ne perdons pas le sens de la nuance. Nous ne parlons ici pas d’une maladie qui a tué 0,2 % de la population européenne en deux ans. Non. Nous parlons ici d’une maladie qui avait tué 35% de la population européenne en deux ans : la peste, et d’une autre : le choléra dont chaque épidémie a tué 1 à 3 % de la population.
 
Ainsi, s’il fallait choisir entre les deux, le moins pire serait de très loin le choléra.
 
Il n’en reste pas moins que ceux qui oublient un peu moins vite que les linottes se souviennent que le choléra est loin d’être une partie de plaisir et que choisir entre deux maux est loin d'être anodin.