Notes
et réflexions sur la pathologie rencontrée
au Burkina Faso en février-mars 2000
Les
constats et les thérapeutiques indiqués dans le texte qui suit ne
sont peut être plus d’actualité. L’idée générale de ce
texte est en revanche vraisemblablement en dessous de la tragédie
que vit ce pays particulièrement meurtri par les djihadistes et les
terroristes qui s’en prennent aux villageois et aux écoles.
Sommaire
La pathologie rencontrée
La tuberculose
Les toux sèches chroniques
Dysenteries
La lèpre
Amibes
Le paludisme
L’obstacle linguistique
La drépanocytose
Méningites
Sida.
Traiter la cause immédiate
Mortalité périnatale et le sort de nos anciens
Imitez moi, mais imitez moi bien
Les sans papiers.
Notes
Bibliographie
La
pathologie rencontrée
est
un télescopage permanent de trois groupes d’affections:
presque toutes celles que l’on rencontre communément en France
des affections que l’on ne rencontre plus ou exceptionnellement en Europe
et surtout des pathologies plus spécifiques des pays pauvres en zones tropicales
Guidés
par un ami Père Blanc à travers la savane au sud de Gorom Gorom,
nous finissons par atteindre le campement peul que nous avions
convenu de visiter. Nous sommes remarquablement accueillis par deux
hommes jeunes, deux frères de 22 et 26 ans qui nous présentent
l’épouse du premier (14-15 ans), les deux épouses du second, leur
mère de 52 ans mais qui en paraît 70 et leurs enfants. Le plus
jeune des deux hommes est essoufflé au moindre effort. Il est
porteur d’une cardiopathie valvulaire grave, séquelle de RAA
extrêmement fréquent dans le pays. Son espérance de vie est très
limitée à défaut de pouvoir bénéficier d’un remplacement
valvulaire. De ce point de vue, il est né 5000 km trop au sud.
Il y a quelques années, j’avais reçu un soir une jeune femme de 26 ans qui avait parcouru 100 km de piste défoncée dans une charrette accrochée à une mobylette. Elle était dans un état d’anasarque consécutif à une pancardite rhumatismale. Le tour de cuisse mesurait 85 cm ce qui entraînait un écartement de ses pieds d’un mètre vingt.
Il y a quelques années, j’avais reçu un soir une jeune femme de 26 ans qui avait parcouru 100 km de piste défoncée dans une charrette accrochée à une mobylette. Elle était dans un état d’anasarque consécutif à une pancardite rhumatismale. Le tour de cuisse mesurait 85 cm ce qui entraînait un écartement de ses pieds d’un mètre vingt.
300 km de piste poussiéreuse plus à l’est, Hôpital de Ouaigouya. Un enfant de 11 ans est entré en coma acido-cétosique. Il est diabétique depuis un an, son régime est quasiment impossible à suivre en brousse. Ne parlons pas de la conservation de l’insuline au froid quand il fait 40° à l’ombre et que les rares réfrigérateurs au butane restent un luxe de coopérant.
Le
lit voisin est occupé par un jeune de 18 ans en opisthotonos, les
mâchoires serrées comme un étau. Au gros orteil, un morceau de
tissu noué désigne la porte d’entrée du tétanos.
200
km plus au sud, le dispensaire de Zaba est dirigé depuis 35 ans par
une religieuse suisse qui demande aux infirmiers de désinfecter tous
les plans de travail et de balayer deux fois par jour. Première
structure de soin propre depuis mon arrivée; la poussière de
latérite qui s’infiltre absolument partout, les fenêtres sans
vitre, barrées par de simples persiennes métalliques destinées à
conserver un peu d’ombre font de la propreté un problème
difficilement surmontable.
Cette
femme peul tousse depuis des semaines. Un infirmier l’ausculte dans
un dispensaire de brousse, diagnostique une broncho-pneumopathie et
prescrit Ampicilline et dexaméthasone (la mode de la cortisone a
atteint ces contrées reculées). Quinze jours plus tard, la toux
s’est encore accentuée, l’expectoration est abondante il existe
des ronchus dans les deux champs et un foyer de pneumopathie du lobe
supérieur gauche où l’on perçoit très nettement le bruit de pas
dans la neige, métaphore délicate à partager sous ces latitudes.
Un recueil de crachats et une coloration de Ziehl-Neelsen permettent
d’objectiver facilement les bacilles tuberculeux. Décidément, la
corticothérapie n’était pas une bonne idée. La Tuberculose comme
la lèpre font l’objet de traitements gratuits distribués par le
gouvernement. Il n’en est malheureusement pas de même avec les
anti rétroviraux
La tuberculose
Concernant
sa prévention, le Pr Gentilini rappelle que " la
couverture par le BCG a peu d’impact sur la transmission de la
tuberculose (effet indirect) et donc sur le risque annuel
d’infection. En revanche, elle a un impact majeur sur la mortalité
de la tuberculose chez l’enfant (miliaire, méningite) et réduit
la mortalité globale de 6% (effet direct) La protection conférée
par le BCG varie considérablement selon les enquêtes allant de 80%
pour les études anglo saxonnes à 0% dans une étude indienne faite
à Madras en 1979. "
Je n’ai jamais entendu parler du BCG au Burkina Faso pas plus que la tuberculine. Par contre on recherche couramment le BAAR (bacille acido alcoolo résistant) par examen direct, au besoin après tubage gastrique. La tuberculose tue une personne toutes les quinze secondes dans le monde soit deux à trois millions par an. La contamination par le BK concerne un milliard huit cents millions de personnes soit le tiers de la population mondiale. C’est le premier facteur de mortalité chez la femme.(1)
Je n’ai jamais entendu parler du BCG au Burkina Faso pas plus que la tuberculine. Par contre on recherche couramment le BAAR (bacille acido alcoolo résistant) par examen direct, au besoin après tubage gastrique. La tuberculose tue une personne toutes les quinze secondes dans le monde soit deux à trois millions par an. La contamination par le BK concerne un milliard huit cents millions de personnes soit le tiers de la population mondiale. C’est le premier facteur de mortalité chez la femme.(1)
Les toux sèches chroniques
comme
on les rencontre dans les traitements par IEC, tout comme les toux
récidivantes correspondent au syndrome de Löeffler. On rencontre
même des pleurésies réactionnelles aux ascaridioses. Ce sont les
enfants de moins de cinq ans qui sont les plus touchés et qui
finissent par rejeter des vers par la bouche ou l’anus. Viola
Odorata et Teucrium marum sont réputés efficace ainsi que Stannum
dans les formes pulmonaires mais ne disposant pas de ces souches, je
m’en suis tenu au Fluvermal° et au Vermox° (indisponible en
France). Il va de soi que les recontaminations sont fréquentes et,
comme par hasard touchent toujours les mêmes enfants de la fratrie,
illustrant si besoin en est la notion de terrain réceptif (2)
Toute la faune des verminoses se rencontre, un examen de selles fait
au hasard retrouve systématiquement un à cinq parasites différents
à l’examen direct.
Dysenteries
Rares
sont les occidentaux qui séjournent dans ces régions reculées sans
contracter au minimum une turista. L’apparition de fièvre, de sang
ou de glaires est plus préoccupante. Je remarque une nouvelle fois
la pertinence de J.T.Kent qui indique de ne pas donner Ars. par
routine dans la dysenterie sans être parfaitement certain de son
indication. Ars. a p.ex les mêmes symptômes locaux que Cadm.Sulf.
mais ce dernier veut rester absolument tranquille comme Bry. ou
Colch. ce qui est tout le contraire d’Ars. D’autre part, tous les
Mercurius et Sulfur ont la sensation de ne jamais avoir fini
d’exonérer,
à l’opposé de Nux et Rhus qui sont soulagés dès l’émission
d’un peu de matières. Aco. Ipec. et Merc. sont très fréquemment
indiqués dans les dysenteries par temps chaud. Par temps froid (12°
fin décembre) Ip., Dulc. et Merc. sont fréquemment indiqués. (3)
La lèpre
bien
que moins fréquente qu’il y a quinze ans, n’est pas rare (10 à
15 millions de sujets atteints dans le monde); La trithérapie
rifampicine-dapsone-clofazimine (Lamprene°) a métamorphosé cette
maladie. Les 6 mois de traitement pourraient être ramenés à un
mois si l’on pouvait disposer de fluoroquinolones. J’ai vu un
champion de lutte des années 70, amputé de ses mains et de ses
pieds, remisé dans l’arrière cour d’un village comme au
Moyen-âge. Il est curieux que la maladie ne se développe que chez
10% des sujets infectés, guérissant spontanément en 2 ans chez
certain, évoluant chez d’autres vers une forme lépromateuse
(forme LL-nodules bourrés de germes et fortement contagieuse) alors
que d’autres enfin se lancent dans une lutte immunitaire furieuse,
les laissant immunologiquement épuisés, physiquement mutilés et
difformes (forme tuberculoïde - forme TT) . L’orientation vers la
forme TT ou LL semble dépendre de l’immunité cellulaire de l’hôte
et de la rapidité avec laquelle elle se met en route et à cet
égard, l’approche homéopathique a quelque chose à dire. En
Europe, la maladie a quasiment disparu sans médicaments ni vaccins
grâce à une meilleure alimentation et à une hygiène minimale.
Amibes
Dans
le même ordre d’idée, 10% de la population mondiale est porteuse
d’amibes alors que l’amibiase "maladie" est infiniment
plus rare. La thérapeutique homéopathique (Merc. Corr., Ars,
Canth., Rhus T....) rend les malades asymptomatiques mais ils restent
porteurs d’amibes et sont porteurs sains. La thérapeutique
allopathique (metronidazole, secnidazole...) fait disparaître les
amibes mais le sujet gardant sa réceptivité se recontaminera à la
première occasion. Qui du malade traité par Flagyl° ou par
Merc.Corr. peut se dire guéri? La persistance d’entamoeba
histolytica histolytica traduit classiquement l’absence de
guérison, même si le patient est asymptomatique pendant des années
ce qui est le cas de la très grande majorité des habitants de
certaines zones d’Afrique. Par ailleurs, nous savons fort bien que
nous hébergeons un nombre invraisemblable de micro organismes dont
le caractère commensal suit les modes de la faculté (Helicobacter
pylori, Garnerella, commensaux hier et justiciables d’antibiotiques
aujourd'hui...). Inversement, peut on considérer qu’un coopérant
contraint à faire des cures répétées de Flagyl est à chaque fois
guéri sous prétexte que ses selles sont exemptes d’amibes après
chaque traitement? Comme à son habitude, l’ami "y a qu’à"
pourra objecter qu’il suffit de consommer une eau et des crudités
sans amibes, ce qui témoigne
d’une profonde méconnaissance de l’Afrique rurale.
Le paludisme
est
omniprésent. Il y a bien longtemps qu’en dehors des touristes,
plus personne ne prend la moindre prophylaxie allopathique, se
bornant à traiter les accès au coup par coup. Devant un nourrisson
diarrhéique, fébrile et qui vomit, il faut avoir le réflexe de
demander une goutte épaisse qui révèle presque toujours un
falciparum. L’habitude est d’injecter Quinimax° qui est
remarquablement efficace en très peu de temps. Plusieurs remèdes
homéopathiques sont présentés comme efficaces en prévention ou à
titre curatif. Plutôt que de les citer, il est utile de relire le §
235 de l’Organon (6°ed):
"Cependant, n’oubliez pas que le choix du véritable remède homoeopathique, (c.à d. celui du remède constitutionnel ou remède de fond-trad) sera déterminé surtout par les symptômes individuels caractéristiques observés en dehors des manifestations fébriles."
Ce qui, pour un séjour de courte durée, ne manque pas de poser quelques difficultés.
"Cependant, n’oubliez pas que le choix du véritable remède homoeopathique, (c.à d. celui du remède constitutionnel ou remède de fond-trad) sera déterminé surtout par les symptômes individuels caractéristiques observés en dehors des manifestations fébriles."
Ce qui, pour un séjour de courte durée, ne manque pas de poser quelques difficultés.
L’obstacle linguistique
Un
obstacle corollaire vient de l’existence de 80 langues et dialectes
différents pour le seul Burkina Faso.
La
consultation en brousse passe forcément par un traducteur de
fortune. Comme j’interrogeais un malade sur le motif de sa présence
au dispensaire, le traducteur engagea une discussion de dix minutes
avec lui avant de me répondre qu’il avait mal au ventre. Je sus
ultérieurement que ce palabre correspondait aux négociations du
traducteur quant à la rémunération de sa prestation.
La drépanocytose
est
très répandue en Afrique noire. Les malades consultent
essentiellement en raison d’algies osseuses déclenchées par un
effort musculaire, une fièvre ou une émotion. Il s’agit en fait
de micro infarctus osseux. Ils présentent par ailleurs une grande
vulnérabilité aux infections mais curieusement, une certaine
résistance au paludisme. Le traitement purement symptomatique est
décevant, la contribution homéopathique paraît envisageable et
mériterait réflexion.
Méningites
Les
épidémies de méningites à méningocoques sont attendues par les
soignants comme les grippes en Europe. Lorsque les conditions
le permettent,
le diagnostic bactériologique peut être fait par examen direct puis
coloration au bleu de méthylène suivi d’une coloration de gram
qui objective le diplocoque gram - dans le LCR centrifugé
mécaniquement. Le traitement par Chloramphénicol I.M. en dose
unique reste le traitement communément utilisé et il est
impressionnant qu’avec le peu de moyens dont ils disposent, la
mortalité ne soit généralement pas supérieure à 30% des
malades. (4)
Sida.
J’ai
des difficultés à imaginer qu’une femme enceinte sur deux soit
séropositive au
VIH.
C’est pourtant ce que me dit un médecin burkina bé. A l’hôpital
de Dori il y a deux ans, un dépistage systématique a été réalisé
chez tout entrant. Les résultats furent tellement alarmants qu’on
décida d’interrompre l’évaluation. Le travail saisonnier des
hommes jeunes en Côte d’Ivoire où la très grande majorité des
prostituées est contaminée, ajouté à la polygamie dans les zones
à forte dominante musulmane explique ce raz de marée. Les anti
rétro viraux et les anti protéases n’ont pas encore atteint ces
pays peu solvables. Fort heureusement, l’association "Agir
ici" fait un travail fantastique auprès des laboratoires et des
gouvernements pour rendre les médicaments plus accessibles aux
populations du Sud. (5)
Traiter la cause immédiate
La
sous alimentation, la malnutrition, le péril fécal, l’hygiène de
l’eau, la lutte anti-vectorielle, l’éducation sanitaire des
populations sont des défis préalables auxquels ce pays s’est
attelé. La stratégie de développement sanitaire la plus adaptée à
la réalité des pays pauvres est représentée par les soins de
santé primaires. Remarquons que l’Organon aborde très clairement
cette question dans les § 7 et 77. (6)
Mortalité périnatale et le sort de nos anciens
Dans
une maternité nous félicitons un jeune couple qui se réjouit de la
naissance de leur petite fille. Le papa nous conduit dans une salle
voisine où nous découvrons des jumeaux vaguement recouverts d’un
tissu qui nous observent
avec étonnement. Ils ne doivent pas peser plus d’un kilo cinq
chacun.
Leur jeune mère de 14 ans a laissé la vie dans cet accouchement. La famille n’a pas envoyé une jeune femme au chevet de ces enfants mais une vieille femme, témoignant par-là que les conditions pour que ces enfants vivent n’étaient pas requises. Ils mourront quelques heures plus tard de n'avoir pas été alimentés mais continueront encore longtemps à hanter le sommeil de deux d’entre nous qui découvraient cet autre monde pour la toute première fois. La mortalité périnatale et maternelle est énorme. Lorsqu’on pense au prix d’une vie d’enfant en France, on ne peut s’empêcher de le rapprocher de celui d’un vieillard en Afrique.
Lorsqu’un "Vieux" meurt en Afrique, c’est tout un pan d’histoire qui s’écroule, une bibliothèque qui disparaît. En France, les humbles vieillards font l’objet d’une toute autre considération; il n’est que d’observer les services d’urgence des hôpitaux qui se hâtent d’ évacuer vers des services gériatriques trop souvent privés de moyens, ces encombrants malades qui risqueraient de bloquer un lit un peu trop longtemps. Autres lieux, autres mœurs.. Nous serions bien mal placés pour formuler des critiques quand, dans le même temps nous acceptons que quinze pour cent de notre population soit confrontés à la pauvreté tandis que notre PIB augmente régulièrement depuis quinze ans. Les pays pauvres ont au moins la circonstance atténuante du manque de moyens et de la stagnation de leur économie.
Leur jeune mère de 14 ans a laissé la vie dans cet accouchement. La famille n’a pas envoyé une jeune femme au chevet de ces enfants mais une vieille femme, témoignant par-là que les conditions pour que ces enfants vivent n’étaient pas requises. Ils mourront quelques heures plus tard de n'avoir pas été alimentés mais continueront encore longtemps à hanter le sommeil de deux d’entre nous qui découvraient cet autre monde pour la toute première fois. La mortalité périnatale et maternelle est énorme. Lorsqu’on pense au prix d’une vie d’enfant en France, on ne peut s’empêcher de le rapprocher de celui d’un vieillard en Afrique.
Lorsqu’un "Vieux" meurt en Afrique, c’est tout un pan d’histoire qui s’écroule, une bibliothèque qui disparaît. En France, les humbles vieillards font l’objet d’une toute autre considération; il n’est que d’observer les services d’urgence des hôpitaux qui se hâtent d’ évacuer vers des services gériatriques trop souvent privés de moyens, ces encombrants malades qui risqueraient de bloquer un lit un peu trop longtemps. Autres lieux, autres mœurs.. Nous serions bien mal placés pour formuler des critiques quand, dans le même temps nous acceptons que quinze pour cent de notre population soit confrontés à la pauvreté tandis que notre PIB augmente régulièrement depuis quinze ans. Les pays pauvres ont au moins la circonstance atténuante du manque de moyens et de la stagnation de leur économie.
Imitez moi, mais imitez moi bien
écrivait
Hahnemann qui affronta sans dérobade les grands fléaux de son
temps… Il faut avoir vu ce qu’est une dysenterie pour imaginer le
drame que constituent les épidémies de choléra face auxquelles il
n’a pas craint d’utiliser
la thérapeutique homéopathique. Il nous appartient à notre tour,
de nous confronter aux grandes pathologies de notre temps tels que
les cancers, les maladies auto-immunes, les maladies dégénératives,
le SIDA et les grandes maladies de la misère sociale.
Si l’homéopathie a un intérêt face à ces grands fléaux de notre temps, il nous appartient de le faire savoir ; dans le cas contraire il nous appartient de rechercher d’autres voies et ne pas perdre notre temps tant l’attente est pressante de par le monde.
Nous avons tous une tâche à remplir, chacun à sa place, là où nous sommes le plus utile pour notre siècle, non seulement là où nous nous "sentons" appelés, mais aussi là nous "sommes" réellement appelés et où nous n’avons pas forcément envie d’aller parce qu’il n’est pas toujours aisé de quitter nos zones de confort.
Si l’homéopathie a un intérêt face à ces grands fléaux de notre temps, il nous appartient de le faire savoir ; dans le cas contraire il nous appartient de rechercher d’autres voies et ne pas perdre notre temps tant l’attente est pressante de par le monde.
Nous avons tous une tâche à remplir, chacun à sa place, là où nous sommes le plus utile pour notre siècle, non seulement là où nous nous "sentons" appelés, mais aussi là nous "sommes" réellement appelés et où nous n’avons pas forcément envie d’aller parce qu’il n’est pas toujours aisé de quitter nos zones de confort.
Les sans papiers.
Le
côtoiement quotidien de la détresse de ces hommes jeunes sans
emploi, responsables de grandes familles (lorsque leur frère décède,
et c’est fréquent, il est de coutume qu’ils adoptent ses
enfants), amène à comprendre qu’ils cherchent à tenter leur
chance dans un pays européen, au risque de la clandestinité.
Considérée du fin fond de la misère, la question des sans papiers
revêt une toute autre signification. Je repense à ce qu’écrit le
Pr Gentilini au sujet de l’accessibilité aux soins des
étrangers en situation irrégulière:
" Ils ne bénéficient d’aucune protection sociale, à l’exception de l’aide hospitalière d’urgence, conformément à l’obligation d’assistance à personne en danger. Si la France n’a pas les moyens de devenir le pays d’accueil de tous les déshérités du Tiers-Monde, il n’est pas concevable que le système de protection socio-sanitaire en France distingue ceux qui ont droit à la santé et ceux qui n’y ont pas droit.Ne pas prendre les moyens de résoudre les problèmes de santé des immigrés clandestins, c’est nier la dimension humaine de la migration pour ne l’évaluer qu’en termes de réalisme économique ou de compromis politique. "
Ces
notes et réflexions ont été écrites en mars 2000 et n’ont
d’autre objectif que fixer les idées sorties dans
l’isolement de la brousse du Burkina Faso.
Notes:
(1) Sources
OMS citées dans Le généraliste n°2017 du 24/03/2000
(2) v.
Les Maladies Chroniques d’Hahnemann 2° ed. § 106 sympt. 210 et §
108
(3) Matière
Médicale homéopathique de Kent. § sur Mercurius. 4° ed. AEF
éditeur. p.657
(4) Epidémie
Méningite au Burkina-Faso (Source : OMS, 13/03/96) :
"Le service de surveillance épidémiologique du Burkina-Faso signale le décès de 722 personnes des suites d'une méningite, au cours des deux derniers mois. Le nombre total de cas rapportés est de 8 252. L'épidémie est en progression bien que 1,3 millions de personnes aient été vaccinées et malgré les campagnes d'information du public. Au total le nombre de décès dus à la méningite en Afrique de l'Ouest est d'environ 3500, 722 auBurkina-Faso, plus de 200 au Niger et 2 550 dans le nord du Nigéria."
(5) ( http://www.globenet.org/agirici/campagnes/sida/index.html )
Pour rendre les médicaments plus accessibles aux populations du Sud
et soigner les malades du sida,
(6) §
77 de l’Organon: Maladies chroniques apparentes.
C'est fort improprement qu'on donne l'épithète de chroniques aux maladies dont souffrent ceux qui s'exposent constamment, par faute d'hygiène, à des influences pathogènes évitables. Elles sont dues à l'usage prolongé d'aliments ou de boissons nuisibles,aux excès et aux privations de tous genres qui minent la santé,au séjour dans des contrées malsaines, surtout paludéennes,à la vie en sous-sol, dans des ateliers humides ou des atmosphères confinées,à l'insuffisance de mouvement et d'exercice, aux excès sportifs ou intellectuels, aux vexations et aux soucis, etc...Ces atteintes que l'on porte soi-même à sa santé, disparaissent spontanément par un changement dans la manière de vivre, à moins que l'organisme ne soit sujet à quelque dyscrasie (miasme) chronique. Elles ne méritent pas de porter le nom de maladies chroniques. (+ note (a) du §7 de l’Organon.)"Il tombe sous le sens que tout médecin raisonnable élimine d'abord cette cause occasionnelle ; l'indisposition dés lors disparaît habituellement d'elle-même. Ainsi il éloigne de la chambre les fleurs trop odorantes qui provoquent la lipothymie ou des manifestations hystériques ; il enlève de la cornée le corps étranger qui produit l'ophtalmie ; il dégage pour mieux le réajuster le bandage trop serré pouvant causer la gangrène d'un membre blessé ; il dénude afin de la ligaturer l'artère lésée dont l'"hémorragie pourrait causer la syncope ; il tente de provoquer par le vomissement l'évacuation des baies de belladone avalées ; il extrait les corps étrangers ayant été introduits dans les orifices naturels du corps (nez, gorge, oreilles, voies uro-génitales, rectum) ; il broie les calculs dans la vessie; il ouvre l'anus imperforé du nouveau-né, etc... "
Bibliographie:
- Pathologie du désespoir... d’autres solutions. Actes du congrès d’Homéopathes sans frontières. 1991
- Guide de médecine en Afrique et océan indien. Mazer et Sankalé.Edicef.1988.
- Médecine tropicale. Marc Gentilini. Flammarion 5° éd. 1993
- Les Maladies chroniques. Hahnemann. 2¡ed. Editions de l’école belge d’homéopathie 1985
- Organon. Hahnemann. 6è ed. Simila 1982.
- The world traveller’s manual of homeopathy. Colin & Lessell. 1993.
- Répertoire d’homéopathie tropicale. Rasachak et Souk-Aloun.